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lundi 29 septembre 2008

COMME VOUS L’AVEZ REMARQUÉ…


Comme vous l’avez remarqué, j’ai cessé dernièrement de contribuer à ce blogue. Je voudrais, par la présente, informer nos lecteurs qu’il ne s’agit pas d’un simple relâchement de ma part. En fait, j’ai décidé de ne plus rédiger de textes de création (chroniques, rubriques, capsules, etc.) pour LES 3 ÉCRIVAINS À TROIS-RIVIÈRES, ou pour quelque blogue que ce soit, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Je vous remercie de m’avoir lu avec fidélité depuis un an et demi. Afin de mener à termes mes projets rédactionnels personnels, j’en suis venu à la conclusion que je devais m’y consacrer exclusivement.

En attendant de vous rencontrer à l’automne 2009, à l’occasion du lancement de mon prochain roman, je vous prie de recevoir mes salutations cordiales.

Michel Châteauneuf

samedi 30 août 2008

La Chronique du Profanateur - Chronique 20

NDLR : Cette chronique du Profanateur est un texte inédit.

MÉTAPHYSIQUE DE L’IVROGNE

Il y avait un bout de temps qu’on s’en promettait une. Une totale : resto et sortie au Temple, en célibataires (en ce qui me concerne, il aurait été difficile pour moi de sortir autrement qu’en célibataire). Pour se donner bonne conscience, ou pour se contenir avant même d’avoir amorcé le débordement, P. avait dit à sa blonde que ce serait «une petite soirée». Affirmation naïve qui avait laissé sceptique la blonde, bien entendu, parce que celle-ci nous connaît bien. D’ailleurs, elle avait raison de douter de cette soi-disant modération pieuse puisque, je le confirme, ce fut une méchante soirée! Je me suis réveillé assez tôt ce matin, non pas parce que je le souhaitais, mais parce qu’il y avait longtemps que je n’avais pas eu une migraine comme ça.Quand je suis atteint d’un tel mal de bloc -et c’est rare, je redeviens croyant. On ne peut pas parler d’une réelle conversion. Comme je cherche à être exaucé en ces circonstances douloureuses, je n’ai pas d’autre choix de me tourner du côté de la seule divinité qu’on m’ait fait connaître à l’époque de mon enfance. Quand j’ai mal à la tête, je redeviens ce petit écolier fragile qui prie Dieu le Père. Or, lorsque je me suis extirpé de mon lit tel un Lazare à la gueule de bois, je me suis donc adressé à Lui en ces termes : «Mon Dieu, guérissez-moi et je vous promets de ne plus jamais prendre de brosse». Évidemment, Il ne m’a pas cru. Et au moment d’écrire ces quelques lignes, j’ai encore l’impression que la cervelle veut me sortir par les oreilles. C’est que je Lui ai déjà fait le coup par le passé. La dernière fois qu’Il m’a exaucé en vaporisant ma douleur crânienne dans le cosmos suite à ma promesse de ne plus recommencer, eh bien, quelques minutes après ma guérison, je Lui ai envoyé ceci : «Ah! Ça va mieux! Va chier, Vieux Barbu!» Je ne voulais tout de même pas, à titre d’athée, qu’Il s’imagine que je crois vraiment en Lui. On comprend aujourd’hui pourquoi Il tarde à me faire profiter de sa Bonté divine.Tout ce détour métaphysique pour vous dire que la méchante soirée a débuté au resto Le Grill où P. et moi avons noyé nos délices de la mer avec deux bouteilles de vin, ce qui, à l’époque où nous avions un meilleur entraînement, était pour nous très raisonnable. Il semblerait que notre légendaire capacité d’absorption ne soit plus aussi fondée qu’avant puisque nous étions pas mal pompettes quand nous nous sommes rendus à l’étape suivante, et pas la moindre, c’est-à-dire ce lieu de perdition qu’on appelle LE TEMPLE. Comme il faisait beau, la terrasse dite Des étoiles, au sommet de l’édifice, avait été ouverte pour nous accueillir. Le Vieux Barbu, du haut de son Ciel, a pu compter tous ces drinks que nous nous sommes envoyé sous la cravate. C’est l’inconvénient de boire à découvert. Je ne pouvais pas Lui mentir, ce matin, en Lui disant quelque chose du genre : «Je ne comprends pas pourquoi, bon Dieu, j’ai autant mal à la tête, j’ai pris seulement un verre ou deux». Ou : «Il y a sûrement quelqu’un qui a mis quelque chose dans mon verre». Pourtant, aux petites heures du matin, nous nous sommes rendus à la pizzeria y engloutir une poutine, question de donner un peu de consistance à tout ce liquide absorbé, conformément aux mesures à prendre pour s’éviter, justement, d’être malade.Mais à bien y penser, ce qui m’a donné si mal à la tête, je crois, c’est la discussion que P. et moi avons eue à mon appart après la poutine, laquelle discussion a duré jusqu’à quatre heures et demie. Les effets de l’alcool atténuent l’intelligence et rendent imbéciles, même des génies tels que nous. Imaginez : pendant des heures, P. et moi, sommes devenus des conspirationnistes. Nous avons échafaudé l’hypothèse très sérieuse selon laquelle des extraterrestres mal intentionnés auraient pris le contrôle de Facebook afin de contrôler l’humanité! Pour vous dire à quel point nous étions ivres. Évidemment, quand on malmène ainsi la raison, il ne faut pas se surprendre d’avoir des séquelles ou, à tout le moins, un affreux mal de bloc.Je vais conclure en m’adressant, via ce blogue, à la Vierge Marie : «Sainte Mère de Dieu, ne pourriez-vous pas, vous, me donner une dernière chance…»Michel

vendredi 22 août 2008

La chronique du Fanateur - Chronique 03


INTERVIEW AVEC UN EX-CONFECTIONNEUR DE STÉROÏDES

NDLR : Ce sixième texte de la «Collection Pastiche», La chronique du Fanateur - Chronique 03, est une caricature de La chronique du Profanateur, petite série écrite par Michel Châteauneuf, que vous pouvez lire à même ce blogue. Ce fut un plaisir de pasticher l’ami Michel.

[Comme le Fanateur est un journaliste professionnel et consciencieux, empreint d’une éthique irréprochable, il allait de soi de s’assurer de ne pas divulguer le nom de sa source. Alors, question de bien suivre l’interview, nous nommerons l’individu : «X».]

(Portrait robot de X.)

Fanateur : Cher X, j’espère vous faire plaisir en vous conviant à cette interview dans un lieu clos, comme vous me l’aviez demandé… loin des regards indiscrets… Dans un lieu comme le Centre commercial Les Rivières, à ce temps-ci de l’année, avec les courses aux fournitures scolaires, personne ne nous remarquera sur ce banc de l’aire de restauration… Vous savez que le slogan des Rivières est «J’ai trouvé» ?

X : Vous êtes certain de ce que vous avancez ?

F. : Je n’avance pas, je suis toujours au même point sur le banc !

X : Y et Z ne devaient pas être là ?

F. : C’est qu’ils sont occupés à d’autres axes !

X : Toujours pareils ces deux-là ! Ils ne savent jamais quand relaxer… toujours tendus…

F. : Entrons dans le vif du sujet… On voit bien que vous n’avez jamais testé vos inventions sur vous, n’ai-je pas raison de le croire ? Vous semblez très bien entendre…

X : Je ne vois pas le rapport… Si j’ai cette forme géométrique, c’est justement parce que j’ai tout testé sur moi avant de revendre aux athlètes !

F. : Vous voulez dire que des athlètes ont déjà utilisés vos inventions ? Je ne comprends pas ? Ils se sont ensuite retrouvés aux paralympiques ?

X : Tu me niaises, le concave ? Pourquoi tu penses que j’ai communiqué avec les médias ?

F. : Ce n’est pas pour nous mettre en garde contre les mauvais effets de l’écoute à haut volume de la musique ? Par peur que les jeunes se retrouvent avec des problèmes d’audition que l’on nomme stéréoïdes?

X : T’es allé chercher ça où ? Fallait bien que le seul journaliste prêt à me rencontrer soit un désaxé… Au téléphone, j’ai dit stéroïdes et non stéréoïdes!

F. : Stéroïdes ? Jamais entendu parler…

[X commençait à devenir lui-même un système nerveux.]

F. : Vous semblez stressé ?

X : C’est que je suis poursuivi depuis un mois par la compagnie pharmaceutique qui subventionnait mes recherches sur les athlètes… Recherches qui devaient nous mener à créer des supers athlètes… J’ai dû quitter la Chine rapidement…

F. : Comme avec les supers soldats dans Aux frontières du réel ? Hahahaha… Vous me faites tellement rire, vous, là…

X : J’ai inventé une puce que l’on place au niveau du lobe frontal et qui…

F. : Vous avez déjà regardé la série Taken ? Justement, on y racontait que les extra-terrestres…

X : Tu peux lâcher ton cinéma et m’écouter ?

F. : Branchez-vous, on parle de problème d’audition ou pas ? Hahahaha… C’t’une blague…

X : C’est un problème de mâchoire qui t’attend si…

F. : Ça cause aussi des problèmes à ce niveau ?

X : Une niaiserie de plus et tu marques un poing…

F. : Ou un morceau de robot… Hahahaha… Vous vous souvenez des Satellipopettes ?

X : Tu t’éloignes du sujet encore…

F. : C’est vrai, Vermicelle était muet et non sourd… Hahahaha…

[X, découragé, se penche vers le Fanateur et lui chuchote à l’oreille.]

X : En fait beaucoup d’athlètes sont en danger… plusieurs vont mourir pendant les Jeux… je veux que le monde entier sache qu’une guerre se prépare… que ce que nous pouvons nommer l’Apocalypse est proche… que les compagnie pharmaceutique sont prêtes… que certains gouvernements sont au courant… que même certains pays appartiennent dorénavant aux compagnies pharmaceutiques… j’ai la liste dans ma poche droite… et une lettre qui explique les effets de cette puce sur le corps des athlètes, ainsi que la conspiration des compagnies… qu’elles commenceront bientôt à les implanter sur tous les êtres humains qui passeront dans les Urgences… la puce activera les stéroïdes qui sont maintenant présents, à petites doses, dans 97% de notre alimentation … et que le monde…

[Soudainement, deux hommes en noir s’emparent de X et se sauvent par les cuisines du CAMBODIANA.]

F. : Vous faites vite ! Fallait le dire si vous aviez si faim et que vous attendiez des amis… On se reprend juste après, alors… Je vous attends… Moi, je préfère le CAMBODIANA sur Jean XXIII…

[Le Fanateur resta de longues heures sur le banc, souriant, attendant X, regardant passer les futurs petits écoliers et leurs parents exténués. Puis un gardien de sécurité le mit à la porte.]

F. : C’est que j’attends X…

Le Gardien : Ce n’est pas de mes affaires…

F. : Non classées ? Hahahaha… Je me comprends…

[ Fin de l’interview.]



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La «Collection Pastiche» se veut un acte d’amusement littéraire et d’antagonisme amical.


A+

Pierre

Les chroniques atmosphériques des 3 - Chronique 16


Petit exorcisme pour écrivain à OFF


Mon été ne se déroule pas comme je l’aurais voulu. Au sens de l’écriture bien sûr. Parce que le reste va fort bien. Très bien même. Pour l’écriture, c’est le manque de temps de qualité qui fait défaut. Le plan est là (pour ce qui est de mon roman jeunesse). Les structures sont là. Les personnages m’attendent chaque matin. C’est moi qui ne suis pas au rendez-vous.

Ça me fait du bien de lire et d’entendre l’ami Michel qui a repris, en vitesse maxi, l’écriture de son polar. Ça me réconforte. Lui qui a aussi mis le tout sur la glace par faute de temps un moment donné.

Le travail alimentaire prend beaucoup de place et j’essaie de vivre aussi. J’ai longtemps survécu et ça… c’est le passé.

Depuis mai, j’ai un blocage solide. L’écriture et moi arrivons à faire deux. Ce n’est jamais arrivé dans les quinze dernières années. C’est paniquant. Très paniquant.

Ce ne n’est pas que dans mes projets d’écriture que ça bloque. Je n’arrive même plus à écrire un texte complet à mettre sur ce blogue. J’en ai commencé des dizaines et ne les ai jamais terminés. Incapable. Besoin d’un certain repos, je suppose. Besoin d’une pause.

J’ai beaucoup produit ces dernières années. Là, je suis à OFF. Les idées y sont, sur papier, dans l’ordinateur, dans ma tête. Ça grouille. Mais rien ne sort. Rien ne sort comme je veux.

Je parle au présent, même si cela semble être du passé. J’ai écrit ces derniers jours. Ça débloque tranquillement. Trop tranquillement pour moi. Mais… c’est peut-être ça, maintenant, mon rythme. Un rythme plus lent que je devrai apprendre à apprivoiser.

J’ai recommencé à écrire de la poésie (je ne me le cache pas, c’est mon médium premier) et un texte de théâtre.

Je suis resté silencieux sur le blogue en majorité pour cela et parce que je sentais que je n’avais rien de bon à dire. Bah, ce que je suis en train d’écrire n’est peut-être pas très pertinent, mais j’ose croire que ça aidera à exorciser mon état OFF.

Merci encore un million de fois Michel de tenir le fort.

J’ai toujours cru que la création devait être au premier plan sur un blogue d’écrivain. Et comme la création se portait mal, bien le silence fut obligatoire.

Fin de l’exorcisme.

Pardonnez-moi…
;)


Pierre

vendredi 15 août 2008

La chronique du Profanateur – Chronique 19

NDLR : Cette chronique du Profanateur est un texte inédit.


OLYMPIQUES, PART TWO :
L’ÉQUIPE CANADIENNE DE NATATION


Un indépendantiste qui se couche aux petites heures du matin pour suivre à la télévision les athlètes canadiens à Pékin… Vraiment, je marche sur ma ceinture fléchée, en plus de me priver de précieuses heures de sommeil. Pour une fois qu’un événement amène même les citoyens les plus récalcitrants à se ranger sous le drapeau unifolié. Franchement, nos athlètes pourraient se forcer un peu plus au nom de la sacro-sainte unité canadienne! On se vante d’être la plus grande superficie d’eau douce au monde, et, jusqu’à maintenant, au moment d’écrire ces lignes, pas un de nos nageurs n’a été foutu de gagner une médaille!

C’est pas des blagues, les nageurs de l’Arabie saoudite ont de meilleures performances que nous. J’entends les commentateurs sportifs se consoler entre eux : «Néanmoins, les marques canadiennes ont été améliorées». Marques canadiennes, mon cul! Oui, oui, certains athlètes canadiens ont même amélioré les records municipaux de leur village. Et après? Ça ne donne pas des médailles olympiques, ça, nos petits records pancanadiens! Pas d’or, pas d’argent, pas de bronze... Qu’on se le dise, il n’y a pas de prix de consolation aux Olympiques : on n’octroie même pas un médaillon de bœuf pour nos 7ième ou 8ième places.

Alors inutile d’encombrer la piscine si les nageurs ne veulent pas vraiment se mouiller. En plus d’être humiliante, cette contre-performance de nos délégués aquatiques est effectivement un encombrement pour le comité olympique. Certains de nos nageurs sont tellement pourris qu’ils retardent le déroulement des Jeux. Il faut parfois attendre de longues minutes que ces retardataires terminent leur dernière longueur avant de passer à la course suivante, au grand dam des champions de la vague suivante en attente sur le bord de la piscine, qui sont impatients, eux, d’honorer leur nation. Plusieurs de nos nageurs ont même failli se noyer, de sorte que les organisateurs des Jeux ont été obligés d’engager des «life guards» et de permettre à nos novices de porter des «swim aids». Sans parler de ceux qui, par nervosité, font pipi dans l’eau!

J’entends encore plastronner nos commentateurs sportifs : «Oui, mais, au plongeon, nous serons meilleurs». Pas fort jusqu’à maintenant, en tout cas. Quant à Despaties, dont le commanditaire est la chaîne de fastfood MacDonald’s, espérons qu’il ne mangera pas trop de Big Mac avant ses plongeons, cette fois-ci. Pensons qu’il doit prendre des médicaments contre l’acné, conséquence de son alimentation malsaine, et qu’il risque à cause de ça d’être testé positif! Au moins, il y aurait enfin quelque chose de positif chez nos athlètes!

Michel

dimanche 10 août 2008

La chronique du Profanateur – Chronique 18

NDLR : Cette chronique du Profanateur est un texte inédit.


LES JEUX PARALYMPIQUES 2008

Je boycotte les Jeux olympiques de Chine. Non pas parce ce sont les méchants Chinois totalitaires qui les ont organisés. Mais tout simplement parce que cet événement, c’est de la fumisterie, où règnent les commanditaires exploiteurs d’enfants ou les maîtres du dopage. Chinois, américains ou grecs : du pareil au même! Les Jeux olympiques, quel que soit leur hôte, constitue une vaste supercherie visant à nous faire croire que le monde est une belle grande famille où chacun respecte l’autre. Mon œil! …pour ne pas dire une autre partie de mon anatomie.

Pour ma part, je préfère suivre (grâce aux chaînes spécialisées) les Jeux paralympiques. Ceux-ci renvoient une image honnête de notre humanité avec son lot de plaies et de mutilations. Un marathonien unijambiste qui se fraye un chemin entre des mines antipersonnelles, voilà une représentation beaucoup plus juste du monde dans lequel nous vivons. Ce n’est certes pas le tennisman multimillionnaire Federer, avec ses vêtements de marque constellés d’étiquettes de sponsors, qui témoigne de la misère humaine.

Évidemment, l’envergure de ces Jeux spéciaux, privés de l’intérêt des capitalistes, est beaucoup plus modeste, voire diminuée, tout comme ses participants. À part quelques exceptions qui jouissent, elles aussi, de l’attention de multinationales qui veulent se donner bonne conscience. La sprinteuse en chaise roulante Petitclerc est l’une de ces exceptions. Elle profite donc d’une technologie de pointe pour maximiser ses ressources. À l’instar d’une vedette de la F1, son commanditaire (Alcan) a mis à son service une véritable écurie avec un puit de ravitaillement pour les changements de pneus, selon les conditions de la chaussée ou les aléas météorologiques.

Toutefois, pour la plupart, les athlètes handicapés ou malades ne bénéficient pas de ces traitements de faveur. Et c’est tout à leur honneur. Leur dépassement est d’autant plus méritoire. Émouvant, en effet, de voir un cycliste aveugle dépasser un kayakiste schizophrène (ce premier avait malencontreusement quitté le circuit cyclable pour se diriger vers le bassin). Ou d’observer les exploits de ces plongeurs atteints d’obésité morbide qui, grâce à leurs bombes de calibre nucléaire, déclenchent des tsunamis dans la piscine olympique. Appréciables également sont les prouesses des escrimeurs psychopathes qui doivent contrôler leurs pulsions meurtrières afin de ne pas embrocher réellement leur adversaire, ou l’arbitre.

Autre volet fort intéressant : les sports d’équipes pour les victimes de la guerre ou de l’oppression politique. Le match de crosse colonialiste opposant l’équipe des soldats canadiens atteints du syndrome post-traumatique à l’équipe des grands brûlés talibans de l’Afghanistan sera digne d’intérêt. Cependant, ce que j’attends avec le plus d’impatience, ce sont les rondes d’acrobaties verbales pour les pays muets et en voie de disparition. Le Québec devrait aller chercher une médaille de la Gouverneure générale, derrière le Tibet qui, lui, montera sûrement sur la première marche de la potence.


Michel

mardi 22 juillet 2008

MES FRÉQUENTATIONS

Depuis deux semaines, je suis redevenu complet, c’est-à-dire antinomique. Je passe la moitié de mon temps dans la réalité et l’autre moitié dans mon imaginaire. Je poursuis, en compagnie de mes personnages, cette longue route sinueuse vers le dénouement de mon polar en chantier.

Comme je l’ai déjà expliqué dans un article précédent, je suis un fanatique du plan. Avant d’attaquer, rédactionnellement parlant, le premier chapitre d’un roman, j’ai préalablement, parfois des années durant, échafaudé une structure très précise et élaboré des fiches (un peu comme Zola le faisait pour ses livres naturalistes) sur chacun de mes personnages. Néanmoins – et cela fait partie du plaisir d’écriture -, ces personnages, en dépit du chemin que je leur avais tracé, se donnent des libertés, comme on dit. J’appelle ce phénomène «la perte de contrôle» ou «le dérapage».

En fait, il s’agit d’un processus fascinant, quasi schizoïde, qui fait en sorte qu’au fil de l’intrigue les personnages acquièrent une autonomie telle, qu’ils décident de s’affranchir du joug du créateur et d’aller là où leur nature intrinsèque les attire. Quand j’ai écrit LA BALADE DES TORDUS, j’ai dû gérer 10% ou 15% (pour vous donner un ordre de grandeur) de perte de contrôle par rapport au plan initial. Je parle de plan initial parce que, bien sûr, quand le phénomène d’affranchissement se produit, il faut (au nom de cette nouvelle logique narrative qui s’impose au créateur) accepter de jouer le jeu des personnages.

Du moins, dans une certaine mesure. Laisser aller, oui, mais sans mettre en péril le programme narratif qui permet de se rendre au point B. Autrement dit, tu laisses aller tes personnages tout en faisant en sorte, en modifiant ton plan, que tes délinquants reviennent tôt ou tard sur la voie pavée.

Pour ce qui est de mon roman en chantier, LE SANG DES AVORTONS, je dirais que le pourcentage de dérapage est d’environ 35%. Vraiment, mes personnages ne sont pas du tout reposants ! J’ai l’impression d’être dans les souliers du directeur d’un asile psychiatrique où les aliénés ne songeraient qu’à s’évader. Ou dans la peau du Docteur Frankenstein… L’une ou l’autre des analogies est appropriée puisque, encore une fois, tous mes personnages souffrent (jouissent, devrais-je dire) de psychoses ou de névroses. Il s’agit de monstres sur le point d’exploser. Même mon narrateur (à ne pas confondre avec l’auteur, s.v.p., merci!), qui est un être – omniscient, certes – à part entière, me procure des sensations fortes. J’ai créé, non pas un narrateur-Dieu, mais bien un narrateur-Diable, lequel se délecte de la perversion de mes personnages ; il semble les encourager dans leurs turpitudes…

Dans mon monde imaginaire, j’ai des fréquentations inquiétantes que je me dois de suivre comme un pisteur, afin de les ramener dans le droit chemin. Quand j’ouvre mon portable, je me dis toujours : «Bon, eh bien, quels mauvais coups m’ont-ils préparés ce matin?»

Michel

Les chroniques atmosphériques des 3 - Chronique 15


MA VIEILLE FILLEULE

Une fois par mois, environ, je fais une sortie avec ma filleule Marie-Anik. L’hiver dernier, par exemple, nous avions fait ensemble la Tournée des Grands ducs de Trois-Rivières, au cours de laquelle nous avions visité tous les bars et les boîtes du centre-ville, en prenant dans chacun des shooters à la vodka (ce n’était pas mon idée, mais comme je ne voulais pas passer pour un «mononcle», même si c’est le cas …et mon surnom dans la communauté culturelle, calvaire!), en plus de nos consommations usuelles respectives. À cette occasion, nous nous étions retrouvés, en fin de parcours, dans une discothèque pour les jeunes (pour les très jeunes), le D'ARTAGNAN'S, à danser du rave comme des débiles, au centre du plancher. Comme on nous regardait beaucoup, étant donné l’incongruité de notre présence (et de notre style de danse), j’avais crié cette boutade à ma filleule :

- T’es ben trop vieille pour être ici, Marie, tout le monde te remarque!

Évidemment, on me remarquait davantage que ma filleule, surtout les videurs, qui me suivaient de près et qui devaient se demander si je n’étais pas un dangereux prédateur sexuel en quête de chair fraîche.

Fermons la parenthèse.

Samedi dernier, donc, Marie et moi sommes allés bouffer au Grill, après quoi nous sommes montés à la terrasse du troisième, au Temple, où nous nous sommes assis au bar. Et j’ai eu l’occasion, encore, de donner un coup de vieux à ma filleule, maintenant rendue à l’âge vénérable de 26 ans. À un moment donné, une superbe jeune fille blonde est venue me saluer. Il s’agissait de Sarah, une de mes étudiantes de la session dernière, tout juste âgée, elle, de 19 ans. Je me souvenais qu’au début d’un cours, vu mon nom de famille assez rare, Sarah m’avait demandé si j’étais parent avec Marie-Anik (d’ailleurs, Marie et moi, nous nous ressemblons beaucoup : le nez et les yeux des Châteauneuf). À l’évidence, Marie ne reconnaissait pas la fille, plantée tout juste à ses côtés, avec qui je parlais au bar. Il est vrai qu’elle avait beaucoup changé, la petite blonde, depuis la dernière fois qu’elle l’avait vue. J’ai donc remis les choses en perspective :

- Sarah, tu reconnais ton ancienne gardienne? fis-je, en désignant, sardonique, ma vieille filleule.

Et vlan! Le coup était asséné. Quelle délicieuse sensation de donner un coup de vieux à sa propre filleule! D’ailleurs, elle ne s’en est pas remise, semble-t-il. Vers minuit, Marie-Anik me quittait pour aller se coucher, parce que le lendemain, elle avait une répétition. Il est certain que, rendue à 26 ans, elle ne peut plus se permettre de veiller trop tard quand elle a des obligations professionnelles le lendemain.

Pour ma part, je ne me résignais pas à rentrer chez moi à cette heure indécente. Je me suis donc rendu dans un autre bar, y rejoindre des amies de Marie (plus jeunes qu’elle, heureusement) afin de poursuivre la boom. Et ce, jusqu’au lever du soleil. «Mononcle» était en forme, lui.

Michel

lundi 14 juillet 2008

JE PRENDS MA RETRAITE …EN 2017

Enfin. J’ai repris, cette semaine, la rédaction de mon roman. Voilà bien quatre mois que je n’y avais pas touché. Il faudrait, idéalement, que j’en termine le premier jet avant le début de mes cours au Collège, lesquels recommenceront à la mi-août. D’autant plus que cette session d’automne s’annonce costaude, avec quatre groupes, dont trois préparations différentes. Des tonnes de copies en perspective… Cette tâche, la correction, étant l’aspect abrutissant de ma profession. Pour le reste, de façon générale, c’est un pur enchantement d’enseigner. D’abord parce que j’ai toujours aimé communiquer mes connaissances et donner mon opinion. Mais surtout parce que je suis aux premières lignes pour prendre le pouls de la jeunesse, pour apprécier ses rites et son rythme.

J’enseigne au collégial depuis quinze ans. Au début, au CEGEP de Victoriaville, alors qu’une dizaine d’années me «séparaient» de mes étudiants, je pouvais être perçu, avec mes cheveux dans le dos, comme un frère aîné qui témoigne de son expérience. Maintenant, à 46 ans, j’appartiens à une génération antérieure, à celle des parents de mes étudiants. Il m’arrive même, à l’occasion, d’enseigner à un fils ou à une fille d’une ancienne consoeur, ou d’un ancien confrère, avec qui naguère et jadis j’ai étudié au Séminaire ou au Collège Laflèche. Pire : maintenant, parmi mes nouveaux (et nouvelles) collègues de travail se trouvent quelques-un(e)s de mes élèves des années 90…

Néanmoins, ce contact avec la jeunesse me maintient jeune. Je dirais que ce privilège de baigner constamment dans la fraîcheur constitue un des secrets de ma verdeur, outre ma génétique …et la teinture. N’empêche qu’il n’est pas toujours évident de mener à terme un roman quand, professionnellement, je suis également très sollicité du point de vue de l’intellect. J’ai souvent l’impression que la création personnelle et l’enseignement ne sont pas des occupations complémentaires mais plutôt concurrentielles. Quand 150 copies d’étudiants t’attendent sur le coin de ton bureau, tu n’es pas trop enclin à te mettre le nez dans tes propres mots! J’ai d’ailleurs failli devenir fou cet hiver en tentant de concilier profession et création. J’entends dorénavant prendre de plus en plus souvent de congés sabbatiques (au collégial, on parle plutôt de «congés différés» puisqu’il nous faut les rembourser) au cours de ma carrière d’enseignant. Sans quoi mon industrie s’en ressentira. Et, dans le domaine des arts, il ne faut pas être bien des années sans apparaître ou faire paraître, sans quoi on nous oublie vite.

J’envie quelquefois l’audace de ceux et de celles qui ont décidé de se jeter en bas de l’avion, avec ou sans parachute, pour se consacrer exclusivement à leur art. Ma filleule Marie-Anik, qui est percussionniste, appartient à ces purs et durs qui ont fait le choix de vivre leur passion à 100%. Malgré les aléas économiques d’un tel choix. Pour ma part, je suis trop enclin au dandysme et au matérialisme pour me priver de mon pouvoir d’achat. Je ne travaille pas pour thésauriser mais bien pour m’éclater. Quoi qu’il en soit, je compte prendre ma retraite prématurément, dans neuf ans, afin de m’affranchir le plus tôt possible de mes obligations professionnelles. Alors là, je deviendrai écrivain à temps plein.

Michel

mardi 8 juillet 2008

La chronique du Profanateur – Chronique 17


NDLR : Ce texte est un inédit.

MON DIVORCE DE FER BLANC


Aujourd’hui, jour pour jour, c’est le dixième anniversaire de mon divorce d’avec ma plus récente conjointe. Et ça me rassure : je commence déjà à m’en remettre. Pour moi, quand c’est fini, c’est fini; je coupe les ponts : tabula rasa illico. D’ailleurs, parlant de table, elle est partie avec. De même qu’avec tout le reste du mobilier. Et avec l’auto aussi. Mais j’en ris encore dans ma barbe : la veille de son départ, j’étais allé faire un grand tour de machine, à 220 sur l’autoroute, pour ne pas lui laisser un réservoir plein, au moins. J’avais ma dignité. Dommage que je n’aie pas pensé à vider le réservoir à lave-glace également.

La période d’adaptation s’est faite rapidement. Il est vrai que c’était moi qui gérais pas mal tout en la demeure. Quand je lui ai racheté sa moitié de maison, je me suis retrouvé, évidemment, dans un double espace. Et j’ai hérité forcément de nouvelles responsabilités. De la chatte angora de mon ex, entre autres, qui, à l’instar de cette deuxième, demandait d’être brossée quotidiennement. Et d’une jungle de plantes comparable à la collection du biodôme. De sorte que j’ai dû m’acheter quelques livres sur le toilettage féminin et sur la biodiversité.

Après son départ, je pensais que mon ex avait eu la délicatesse de me laisser quelques produits de première nécessité. Au moins, elle m’avait laissé le tube de pâte dentifrice, pensai-je. Jusqu’à ce que je me rende compte, après une semaine d’utilisation, qu’il s’agissait en fait d’un tube de Vagisil oublié! Le premier mois, avant que je me décide à me refaire un trousseau, j’ouvrais mes bouteilles de bière comme à l’époque de mon adolescence, avec ma boucle de ceinture, parce que madame avait raflé les trois décapsuleurs, et d’autres ustensiles moins utiles comme les fourchettes, cuillères, et la batterie de cuisine. Heureusement, elle avait oublié deux couteaux, de sorte que, pour me désennuyer, j’ai pu les faire chauffer à quelques reprises sur le rond de la cuisinière.

Depuis que je suis redevenu seul, j’ai l’impression d’avoir rajeuni. Je me sens comme un squatteur qui jouirait de son premier appartement. Comme à l’époque de ma première délinquance, j’accumule les caisses de bières vides contre les murs de ma chambre. D’ailleurs, au fil de mes années de célibat, j’ai tout redécoré. Avec goût. Et question de garder une touche féminine, néanmoins, j’ai épinglé de nouveau mes vieux posters de Samantha Fox. Aussi, j’ai recommencé à faire du sport extrême. Avec mes amis de longue date, je joue au billard, au poker et au backgammon.

Ceux-ci se rassembleront chez moi, ce soir, à l’occasion des festivités soulignant mon divorce de fer blanc. Grosse réception en perspective. Avec services de traiteur et hôtesses habillées avec des nœuds papillons cloutés, pour faire «class». J’ai même fait faire un gâteau de divorce. Au glaçage noir, avec une seule figurine plantée dedans, pour me représenter.

La partie protocolaire sera brève. Je ferai mon propre échange d’anneaux de nez. Puis mes deux témoins me tatoueront mon acte d’état civil dans le dos afin de bien officialiser mon statut.

Après le déballage des nombreux cadeaux que mes amis m’apporteront (des trucs délicats, j’imagine, comme des DVD de musique heavy metal, des jeux vidéo trash, ou des bouteilles de fort), ce sera, bien entendu, le traditionnel lancer du bouquet de plants de cannabis. Lors de ce moment symbolique, je suis convaincu que tous les invités se battront sauvagement pour mettre le grappin sur la gerbe. Car celui qui se l’appropriera sera le premier, durant l’année, à goûter aux joies de la séparation…


Michel

lundi 30 juin 2008

Les chroniques atmosphériques des 3 - Chronique 14



J’ai passé la fin de semaine sur le cul. Un truc-muche-rhume-sinusite me clouant, en alternance quasi chronométrée, soit dans le divan ou dans le lit. Aujourd’hui ça regarde mieux. J’ai l’œil plus clair et vif. Je ne veux jamais revivre cette fin de semaine. Je le dis même si d’un certain point de vue c’est presque impossible. Mais bon. Je le dis quand même, vous le saurez.

J’ai, dans ce tumulte hamsterien, finalement trouvé le bon filon pour mon roman jeunesse. Malgré ce putain de hamster qui tourne trop vite dans tous les sens -une girouette rongeuse interne qui se fait une masse musculaire fort importante à mes dépens-, je suis arrivé à trouver une certaine paix, dans un coin un peu éclairé, pour me fixer sur une ligne directrice au cœur de la création. Je crois que c’est parti pour de bon. Ne manque que le temps de qualité pour bâtir ce nouveau château. Mettre cartes sur table les non-dits de l’histoire et foncer.

Hier, me suis couché pour dormir. J’ai dormi. Me suis levé aujourd’hui avec un cerveau en plus. Le truc-muche-rhume-sinusite se faisant plus discret. J’ai reçu de bonnes nouvelles et entendu des rires.

Après une journée de travail bien remplie et quelques accords de guitares bien plaqués, je me suis remis à la construction.

En résumé. Je suis comme ça, aujourd’hui :



:-)

Sur l’heure du souper, l’ami Michel est passé à la maison me manger une crème molle sous le nez. Moi qui évite les produits laitiers depuis la semaine dernière, je me suis retenu pour ne pas l’envoyer chxxx. Ben non, c’t’une blague… Nous avons parlé de nos projets en cours respectifs… et de ce putain de temps humide de merde qui enveloppe mon appartement. Je suis intolérant et impatient depuis quelques jours. Mais pas avec les gens, ne vous en faites pas…

Aujourd’hui, je pense à deux personnes en particulier…

Ah oui… Je sais que je suis d’avance, mais je vous souhaite en ce 1er juillet 2008 un bon et joyeux anniversaire de la Déportation des Acariens...

Vive le Québec libre !


A+

Pierre

vendredi 27 juin 2008

Les chroniques atmosphériques des 3 - Chronique 13



J’ai le corps défait par le manque et l’absence. Mais je ne suis pas seul. Même lorsque je le suis, la lucidité me tient compagnie avec toutes ses forces. J’avance quand même seul en mon pays. Celui dont j’ai au moins un peu de contrôle. Ici j’aurais le goût de dire «Il y a que le vent tout autour fait des ravages que parfois ni le ciel ni la terre ne peuvent comprendre, ne reste alors que l'accomplissement du corps et sa quête dans la suite du monde», mais je ne le ferai pas. Il y a des choses qui sont dites pour avancer et d’autres qui sont des boomerangs bien affilés. J’ai seulement besoin de racines. Je le sais. Depuis longtemps, je m’exerce à devenir arbre. En arriver à cette solidité qui nous fait grandir à travers le temps.

Dans nos choix, nous essayons de voir au mieux. Pensant au pire, aux catastrophes, aux hécatombes, aux anges qui se défilent comme des étoiles estropiées. J’en arrive à penser que certains sont ici pour faire et d’autres pour défaire. Ce qui fait rouler l’économie. Ceci est une métaphore.

Le silence est un couteau à double tranchant.

Je l’ai tenu trop longtemps. J’avais donc perdu ce goût de l’instant. Ce goût de l’ici et maintenant. Ce goût qui nous inscrit en ce lieu personnel, mais aussi dans ce lieu collectif si important.

Hier, Fred, Michel et moi sommes retournés refaire nos ailes. Je crois. La Cage aux sports est un lieu de camaraderie. Que l’on aime ou pas, ce lieu nous plait et nous recueille dans la simplicité et les rires. Après la boustifaille, Fred nous a quittés pour aller signer un texte sur ce blogue. Chose qu’il n’avait pas fait depuis longtemps. À mon tour maintenant, de revenir y mettre quelques mots. Repartir dans un sang neuf. Dans une chasse à l’imagerie que je commençais à ne plus reconnaître.

Dans les derniers mois de hautes turbulences, bien des choses ont changé. Moi. La vie. Le monde. Tout. Que je sois ici ou pas, tout tourne. D’ailleurs, je remercie Michel d’avoir tenu la barre si longtemps. Ceci n’est pas une métaphore.

Outre mon nouvel emploi, je travaille à un nouveau roman. Une commande pour la collection GAZOLINE aux Éditions de la Bagnole. J’arrive à nager en pleine métaphore, gardant toujours la tête hors de l’eau. Le 9 à 5 m’est une chose nécessaire dans ce cas. Je tente aussi d’en arriver aux corrections ultimes de mon roman écrit l’été dernier avec le bras gauche fourmillant. J’ai aussi ce manuscrit qui tarde à partir en direction des Trois-Pistoles. Une suite logique à Voyage dans chacune des Cellules. L’heure du départ se fait attendre, car quelque chose me chicotte. Il y a un truc que je ne cerne pas. Un truc qui dérange. Un truc qui doit être cerné, analysé et refait. Ce manuscrit manque d’ailes.

Pour le moment, je ne suis que cela.

Dans la case départ, tout doit être possible. Du moins, c’est ce que je me dis.


Pierre

P.s. Merci Fred pour cette collaboration extrêmement spéciale.

jeudi 26 juin 2008

Un invité spécial

Tel Lazare sorti du tombeau, je réapparais sur ce blogue pour un texte express en guise d'amitié.

Aujourd'hui, croisé l'ami Pierre au sortir d'une réunion culturelle qui avait lieu vers 13 H 30. Il s'agissait de planifier la rentrée littéraire mauricienne de cet automne. Après la réunion, de bavardages en bavardages, Pierre m'invite like in the good ole days of yore à la Cage aux Sports en compagnie de Michel, si Michel le veut. Il s'agit de le contacter pour s'en assurer !On appelle donc Michel, le tirant des bras de Morphée dans lesquels il se prélassait paresseusement. C'est apparemment à un Michel confus que Pierre eut affaire, car il lui répétait tout à plusieurs reprises, au ralenti, en long, en large et à travers. Quelle mouche tsé-tsé l'avait piqué ? Mystère. En conclusion, rendez-vous fut pris pour 17 H 30 au lieu dit.

Après avoir salué Pierre, saut à la bibliothèque histoire d'emprunter le DVD d'American Beauty, puisque le scénario est signé Alan Ball, concepteur de la série Six Feet Under que j'ai pas mal appréciée. Sur place, je me suis aussi encanaillé à bon marché avec Le Journal de Montréal, puis je décidai (passé simple) d'aller faire un tour chez Michel, mon véhicule étant stationné près de chez lui.Discussions sur tout et rien, avec, parfois, des constats un peu navrants, mais comme mon but n'est pas de vous déprimer, je garderai ces conclusions pour nous. Au pire, lisez Cioran. N'empêche, c'était agréable de revoir "Le Château" dans son environnement, avec sa chatte Anaïs Mine qui sert d'antenne à la TV, son bureau de travail rempli de notes manuscrites... Pierre nous a rejoints vers 17 H 30, nous montâmes dans son véhicule et, en route ! D'abord avec le fond musical d'un groupe d'ex punk-rockers reconvertis dans le "format" (dixit Pierre), No Use for a Name (si je me rappelle bien !). Ensuite, Pierre me demandant si je voulais nourrir le lecteur CD, avec The Ice Queen herself : Siouxsie Sioux, l'album Mantary, peut-être mon favori de l'année 2007.Pas grand-chose à signaler à la Cage aujourd'hui... Ce fut, à la rigueur, routinier, mais agréable, toutefois. De belles pointes d'humour (et de belles pointes chevelues) de la part des deux. Une sauce 911 bien sage et une atmosphère assez calme. Michel m'a demandé d'écrire un petit quelque chose, en tant qu'invité spécial. Voilà... Je sais que ce soir, Pierre et lui allaient faire une virée au Temple après le souper. Je leur souhaite de belles choses, en espérant que ce petit texte de guest star vous ait amusé.

Frédérick - collaboration extrêmement spéciale

mercredi 25 juin 2008

Les chroniques atmosphériques des 3 - Chronique 12


EXPIATION

J’ai passé la dernière semaine à mon chalet de Sainte-Geneviève. C’est à une vingtaine de minutes de route de Trois-Rivières (en outrepassant un tantinet les limites de vitesse!), si bien que je ne suis pas obligé de m’exiler là-bas quand je m’embarque dans de gros travaux de construction. Cette semaine, par exemple, même si j’ai passé le plus clair de mon temps à cet endroit, je n’y ai dormi que la nuit dernière.

Hier, en début de journée, j’ai eu la visite de Pierre, qui a pratiqué sa guitare pendant que je dallais l’allée menant à mon tout nouveau palier surplombant la rivière Batiscan. En fin d’après-midi, nous avons apprécié le point de vue offert par mon «grand œuvre» en buvant une bouteille de vin de dépanneur que nous sommes allés quérir au village (un soi-disant vin australien tellement sucré qu’il aurait pu être utilisé comme sirop de table). Et c’est ainsi que nous avons baptisé le nouvel attrait de mon vaste aménagement, à observer l’onde du cours d’eau, à épier les oiseaux, et –moins bucolique- à parler des femmes. En soirée, gros repas de viande (au village, le boucher vend encore du steak de mammouth) sur le B.B.Q. Puis digestion devant le feu de mon foyer extérieur sous un ciel criblé d’étoiles.

Ça replace les fluides de s’affranchir un peu du tumulte de la ville. Et, en plus, j’ai la satisfaction du devoir accompli. Comme je l’ai déjà dit, les matériaux que je m’étais fait livrer pour la réalisation de mon palier dormaient depuis un an sur mon terrain d’en haut. Ce qu’il faut savoir pour comprendre l’envergure du projet, c’est que mon terrain comporte deux niveaux : le premier, sur le bord de la route municipale, où est assis le chalet; et le second, une vingtaine de mètres plus bas, où j’aménage depuis six ans le terrain avec l’ambition d’en faire un véritable jardin botanique. Comme le seul accès carrossable vers ce niveau est un long escalier d’une quarantaine de marches, l’unique façon d’acheminer les matériaux jusqu’en bas est de les descendre «à bras», un à un, gros et petits (dalles, blocs, pierres, poutres, bandes de ciment, sacs de poussière de pierre, etc), tel un bagnard volontaire. De cette manière, j’ai descendu au fil de mes étés des dizaines de tonnes de matériaux. Très bon pour le cardio! J’ai déjà l’impression d’avoir évacué toutes les mauvaises toxines accumulées dans mon organisme pendant le long hiver.

Pierre, en me voyant charger sur mon épaule une bande de ciment de quarante kilos :
- Ouais. T’as une belle façon de fêter la Saint-Jean Baptiste!
- Si on était à Pâques, je m’autoflagellerais en plus! de lui répondre.

Michel